Artistes de référence

Betty Tompkins

Léa Le Bricomte

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Le guide de l'artiste: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.

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BETTY TOMPKINS : DEHORS DEDANS
par Jean-Paul Gavard-Perret

photo: courtoisie de la Galerie Rodolphe Janssen
Betty Tompkins, Fuck Paintings, Galerie Rodolphe Janssen, Bruxelles, 2012.

Suite à la censure de son travail en 1973, Betty Tompkins décida afin de la détourner d'utiliser des tampons « Censored » afin de couvrir ironiquement "ce qu'on ne saurait voir" si l'on en croit le Tartuffe de Molière…Ce caviardage ne fit pas nuisible à son succès. Au contraire. Pourtant l'artiste était tombée dans l'oubli jusqu'à sa redécouverte aux USA grâce à Mitchell Algus spécialiste de ces traques bien utiles à la relecture des arts. Elle reste relativement peu connue en Europe. La biennale de Lyon « C'est arrivé demain » (2003) l'a fait ressortir de l'anonymat voire d'un certain ostracisme dans un face à face avec les œuvres de Steven Parrino. Les œuvres des deux artistes offraient une reprise et une réinterprétation des plis monochromatiques gris afin de donner l'illusion des plis du phallus chez l'un et des lèvres féminines de l'autre.

Betty Tompkins s'inspire des images pornographiques dont elle offre des interprétations particulières sous le titre de « Fuck Paintings ». Elles font suite et complément à ses « Cunt Paintings » et « Kiss Paintings » dans lesquels déjà le sexe était dévoilé et omniprésent. Ici les scènes de diverses pénétrations sont traitées dans un apparent souci hyperréaliste en noir et blanc et nuances de gris. Ce choix permet d'adoucir le propos même s'il garde une évidente radicalité et une force d'évidence au sein même de ce qui tient pourtant à une sorte de paradoxale abstraction dans la mesure où l'artiste « serre » les scènes au plus près (n'est vue que la pénétration proprement dite) et les dessinent avec un tel souci du détail qu'on oublie l'ensemble pour se focaliser sur le détail comme par effet de grossissement et de très gros plan. Le sentiment d'abstraction naît des géométries obtenues.
Le plaisir voyeuriste peut se doubler d'une sorte de peur tant pour la thématique que par son traitement. L'intimité de la sexualité telle qu'elle est dévoilée révèle une sorte d'animalité agissante (animalité qui chez la bête ignore la peur, le voyeurisme et donc la pornographie qu'il appelle) mais qui est ironisé par ce paradoxe : l'effet de rapprochement fait le jeu du lointain. Tel est pris qui croyait voir en quelque sorte.

Jean-Paul Gavard-Perret.
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.