Artistes de référence

Roberto Matta


Le guide de l'artiste: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.

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MATTA DERNIER OU PREMIER DES SURREALISTES
par Jean-Paul Gavard-Perret



Roberto Matta (1911-2003) fit d'abord des études d'architecte, puis monta une affaire de décoration à Santiago. Il l’abandonna pour voyager en Italie, en Espagne, en Yougoslavie et en Russie. En 1934, le Chilien travaille dans l'atelier de Le Corbusier puis rencontre en France l'Anglais Gordon Onslow Ford. Ils décident de devenir peintres. Matta fait la connaissance de Picasso, Dali et Breton qui l'encouragent vivement.

En 1938 il peint ses premières grandes toiles et réalise la série des Morphologies psychologiques qui resteront sa marque de fabrique. En 1959, Matta et Ford rejoignent aux Etats-Unis. Le premier établit le contact entre les peintres amé­ricains et les surréalistes exilés. Il participe alors aux principales ex­positions surréalistes et, dans ses peintures, les personnages apparaissent de plus en plus émaciés. On reconnaît là un style voisin de Wilfredo Lam dans des œuvres aux titres emblématiques « Le Vertige d'Eros », « Pour échapper à l'Absolu », « L'Espace et le Je », « Les Célibataires quarante ans après ».

Peu à peu la peinture de Matta devient engagée. Le Chilien y caricature les hommes en les transformant en monstres filiformes afin d'accuser la société et stigmatiser ses vices (« Le Sexspectacle » 1953). Ses peintures se transforment soudain un fouillis de signes graphiques mêlés, entrelacés dans une forme de lyrisme plastique ( « La Pomme du Savoir », « Elminonde », « Science, Conscience et Patience du Vitreur.). Revenant en 1949 en Europe, Matta séjourne en Italie et en France, puis est exclu du groupe surréaliste. Mais il reste un des artistes essentiels de la seconde moitié du XXème siècle.

Secret, résistant, intuitif, charismatique, passionné, loyal dans ses engagements Matta restera un travailleur persévérant, indomptable, ambitieux sans doute. Il est le type même du créateur doté autant de grandes possibilités intellectuelles et imaginatives que d'une curiosité profonde. Les énigmes et les mystères ne cessent de la passionner. Secret, plutôt introverti, il trouve dans l'art le moyen de sortir de lui-même et tout au long d'un travail obstiné il invente une œuvre pleine de vie, de force mais aussi d'ironie et de causticité. S'y cache toujours le sens de la provocation. Elle n'a rien cependant de factice et du superficiel et tente de faire surgir des plis de l'âme comme ceux du réel.

Le désir de plaire (dans sa vie comme dans son art) ne va jamais jusqu'à des concessions esthétiques afin d'y parvenir. Recherchant toujours la compagnie des autres peintres Matta conserve sa voie qu'il engage toujours vers plus de violence mais aussi de délicatesse. La sensualité de sa peinture est astucieusement atténuée par des couleurs qui en atténue charge.

Matta est de ceux qui aiment démarrer des choses et passer à d'autres tout en conservant à son œuvre une cohérence. De manière systématique Matta sait donner à son œuvre des concepts très clairs. La cérébralité, la curiosité cadre sa sensibilité et sa capacité à la « mentalisation » canalise son instinct et sa spontanéité. L'artiste ne perd jamais ses certitudes esthétiques tout en s'adaptant aux circonstances sans faire des concessions. Intégré dans le groupe surréaliste – le surréalisme étant fondamental pour lui – il restera ferme sur le contenu de ses œuvres - n'en déplaise à Breton et autres gardiens du temple.

Jean-Paul Gavard-Perret.
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.