Evènement

Quand la lettre se fait langage

Le guide de l'artiste: Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.

& Amazon


A LA LETTRE OU LES ABSORPTIONS
par Jean-Paul Gavard-Perret

Galerie l'Antichambre

Créée en 2005, la galerie défend le travail de jeunes artistes français et étrangers dans les différents disciplines : peinture, sculpture, photographie, installations, vidéos. Les artistes plus confirmés sont montrés dans des expositions de groupe et thématiques. A travers de projets transdisciplinaires, elle favorise les expériences croisées entre l'art plastique, la littérature et l'architecture.

» le site


« Quand la lettre se fait langage »,
Vito Acconci, Joël Chapuis, Pierre David, Peter Downsbrough, Grégory Edelin,Joël Negri, Mathias Schmied.
Galerie L'Antichambre,

Exposition du 26 mai au 9 juin 2012.

Tout pourrait sembler discordant entre – et par exemple – le minimaliste de Peter Downsbrough et les figurations post popart de Mathias Schmied. Mais Corinne Lempen-Bret une fois de plus réussit la performance de mettre en jonction pour une unité de présence ce qui apparemment n'en possède pas.

De fait les artistes réunis embuent la lettre pour en effacer les figures du dehors, en consumer le vernis jusqu'à la transparence et jusqu'à renverser la problématique du signe. La lettre devenant image fait bien plus que suggérer un sens. Elle le tord selon différentes modulations tout en ne laissant rien perdre de l'absence que généralement le mot suggère forcément. Ici il est transcendé par la force imageante : au sein des machines désirantes de Vito Acconci (spécialiste de la matière…), dans les jeux de couleurs de Joël Negri. Il n'est pas jusqu'au pur informatif pour chez Pierre David, Gregory Edekin ou Michel Chapuis de se métamorphoser en divers types de chorégraphies ou de ballets parfois très ironiques et enchanteurs.

Par cette juxtaposition de quêtes authentiques Corinne Lempen-Bret fait sienne la pensée du Michaux de « Poteaux d'Angle » (présent par la bande dans l'exposition). A savoir ne jamais se contenter d'une seule voie : « Si tu traces une route, attention, tu auras du mal à revenir à l'étendue » disait le poète. Il ajoutait « La pensée avant d'être oeuvre est trajet ». La galeriste appelle le visiteur à refaire individuellement les expériences proposées car chacune des oeuvres est une incitation à un travail intérieur toujours en cours : effacement, rêverie, perception de l'insaisissable. La lettre ne se livre plus en un paquet ficelé. Elle apprend dans ses métamorphoses à se méfier du savoir.

« Il faut un obstacle nouveau pour un savoir nouveau » disait encore Michaux. Les artistes invités arrachent au sommeil du sens, engagent l'insoumission. En découpant le textuel selon divers temps et divers corps pour de nouveaux « re-pères » ils transforment la langue (maternelle ou non) afin d'engendrer du monstre par leur « monstration ». Le vide du sens comme le sens du vide ne sont plus découpés par les éléments lexicaux. L'image les creuse. Elle seule reste officiante. Officine aussi . Afin que tout recommence. Et que tout reste à écrire.

Jean-Paul Gavard-Perret .
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Né en 1947 à Chambéry, Jean-Paul Gavard-Perret est maître de conférence en communication à l´Université de Savoie. Il poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.