Artistes de référence

Lewis Baltz


Lewis Baltz

Lewis Baltz est né à Newport Beach aux États-Unis en 1945.
Diplômé du San Francisco Art Institute en 1969, il détient un Master of Fine Arts de la Claremont Graduate School.
Il a obtenu de nombreuses récompenses dont celles du National Endowment for the Arts (en 1973 et 1977), du John Simon Guggenheim Memorial (fellowship, en 1977), de l'US-UK Bicentennial Exchange (fellowship en 1980) et du Memorial Award de Charles Brett (1991).

En 2002, Baltz devient professeur de photographie à l'European Graduate School à Saas-Fee en Suisse. Baltz vit maintenant à Paris et Venise.


Lewis Baltz : vertiges du temps

par Jean-Paul Gavard-Perret

 

Lewis Baltz: Nevada 1977

Etudiant au San Francisco Art Institute en 1967, Lewis Baltz à cette époque les Prototypes Works puis, En 1971 les Tract House, des photographies de maisons préfabriquées, qui sont l'objet, la même année, de sa première exposition personnelle à la galeri Leo Catelli de New-York. La dépression de la société industrielle, ses résidus constituent le thème dominant de son œuvre. Il s'inscrit dans le mouvement dela New Topographics à la fin des années 70.Le travail de Baltz se concentre sur la recherche de la beauté dans la désolation et la destruction. Ses images décrivent l'architecture des paysages où l'homme intervient, des bureaux, usines et parkings. Ses images sont le reflet de l'influence, du contrôle et du pouvoir exercé par et sur l'homme. Ses photographies minimalistes dans la trilogie Ronde de Nuit, Docile Bodies et Politics of Bacteria dépeignent la solitude, l'absence de l'autre. En 1974 il capte les relations entre habitat et anonymat dans The New Industrial Parks near Irvine, California. Il arrive en Europe à la fin des années 1980 et commence à utiliser le grand format en couleur et son travail prend de nouveaux axes. Des séries de photographies, notamment Sites of Technology (1989-92), dépeingnent les intérieurs neufs à la propreté clinique des industries de haute technologies et de centre de recherche du gouvernement, principalement en France et au Japon. Mais il reste cependant toujours polarisés sur ses fondamentraux. Ses livres et ses expositions sur son « travail topographique », comme The New Industrial Parks, Nevada, San Quentin Point, Candlestick Point (84 photos montrant un espace public dégradé par les détritus et la main de l'homme) dénonce la crise de la relation entre l'homme et la technologie et ont influencé la génération de photographes essayant de définir à la fois l’objectivité et le rôle de l'artiste dans la photographie. Son travail a été présenté dans le monde entier et il demeure une figure majeure de la photographie contemporaine, Lewis Baltz n’en est pas moins une des personnalités les plus discrètes. Fondée sur une critique profonde de la société de l’ordre et de la surveillance, la rigueur de son approche livre une archéologie de la vanité moderne où l’homme et sa mémoire disparaissent peu à peu du paysage. Le monde se transforme à divers types de gouffre que nous traversons parfois sans le savoir ou dans une indifférence souveraine. Baltz nous expose à une profondeur abyssale. Ses photographies s’abattent sur nous et font surgir les morsures d’un espace vorace. Il nous promet à un anéantissement. Rien ne montre plus clairement la profondeur du monde postmoderne, sa corrosion par le vide. Rien ne semble pouvoir venir compenser ce déficit humain ni masquer le manque d’enracinement dans une terre propre à nourrir l’être.

Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Paul.Gavard-Perret@univ-savoie.fr

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Docteur en littérature, J.P. Gavard-Perret enseigne la communication à l’Université de Savoie (Chambéry).
Membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création, il est spécialiste de l’Image au XXe siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett.
J.P Paul Gavard-Perret poursuit une réflexion littéraire ponctuée déjà d'une vingtaine d'ouvrages et collabore à plusieurs revues.